L’origine de MEAUZAC remonte à l’époque de
l’occupation romaine. La voie romaine connue sous le nom de Chemin
Moissagais traversait notre territoire le long de la route actuelle
dite de Boutounelle. Une villa gallo-romaine existait près de Lacaze.
En dépit des risques d’inondations, les populations n’ont pas hésité
à occuper les rives du Tarn pour y bâtir leurs maisons et leurs
fermes. Elles étaient attirées par la fertilité du sol. A cette époque,
le Tarn représentait l’une des grandes voies commerciales du sud de
la Gaule et le trafic était surtout agricole. Mais des vandales rasèrent
le village vers l’an 407.
L’église
Saint Martin de MEAUZAC a une origine assez ancienne. Elle fut cédée
en 783, par ARGANUS, évêque de Cahors, à l’abbaye de Moissac.
Elle fut érigée en prieuré au XIIe siècle et attribuée à la
mense abbatiale.
En mai 1369, les Anglais arrivèrent à MEAUZAC et assiégèrent
le Château. Les habitants entrèrent en pourparlers avec les
chevaliers d’Angleterre. Après une longue négociation, il fut
convenu que les Meauzacais reconnaîtraient le Prince de Galles pour
seigneur. A cette condition, les Anglais se retirèrent et laissèrent
20 hommes d’armes et 40 archers. Les Anglais, maîtres de MEAUZAC, y
restèrent 20 ans.
La Réforme fut introduite de bonne heure dans notre
village. Les seigneurs barons de MEAUZAC, et notamment Guion de BAR
adoptèrent les nouvelles croyances et en favorisèrent l’établissement.
Aussi, la grande majorité des habitants professait la religion réformée :
il n’est donc pas étonnant que l’église ait été détruite en
1561 et qu’un temple l’ait remplacée quelques années après. Ce
temple fut construit à proximité du château. Les protestants de
Montauban ayant chassé leur évêque, Jacques DESPRES, celui-ci leva
une armée pour reprendre la ville et ravager les environs. MEAUZAC
eut à souffrir de ses attaques et le château fut pris par les
catholiques. Mais les Montalbanais, commandés par le Vicomte de
TURENNE, chef des protestants, arrêtèrent les courses de l’évêque
et vinrent mettre le siège devant MEAUZAC (mai 1575). Le château de
MEAUZAC a fait l’objet de nombreux assauts.
En 1598, le célèbre Edit de Nantes fut publié
accordant aux protestants le libre exercice de leur culte. Cette même
année, un pasteur est placé à MEAUZAC (Pierre CAZAUX) . Cet Edit
mit fin aux guerres de religion qui dévastaient MEAUZAC depuis 36
ans. Mais à la mort d’Henri IV, le roi Louis XIII, voulant rétablir
l’uniformité religieuse, vint assiéger Montauban en août 1621.
Après un siège de 86 jours, le roi fut obligé de se retirer mais
laissa ses troupes dans les villes voisines et ce fut ainsi que
MEAUZAC reçut une garnison royaliste. Mais les Montalbanais reprirent
MEAUZAC en juin 1622. En juillet 1625, le village fut encore ravagé
par les troupes du roi.
En 1685, MEAUZAC comptait 150 catholiques contre 600
protestants. Les barons de MEAUZAC, les de BAR, soutenaient leur
Eglise par leur zèle et représentaient le culte protestant.
Mais cette même année, la Révocation de l’Edit de Nantes
interdisait toute expérience de la religion réformée. MEAUZAC eut
à souffrir de cet Edit : le temple fut démoli, le ministre
BELVEZE abjura et le Baron Jean de BAR fut mis en prison et ensuite
chassé de France.
L’église catholique se releva donc de ses ruines au
XVIIe siècle et fut construite avec les matériaux provenant de la démolition
du premier temple. Les protestants se réunissaient dans des lieux écartés.
Vers la fin du règne de Louis XV, les édits de tolérance furent
rendus et les Réformés de MEAUZAC bâtirent un nouveau temple. Mais
en 1789, le Temple est vendu par le propriétaire du terrain où il était
construit et démolit. Le Conseil Municipal, à la requête des
protestants, établit la simultané dans l’église de MEAUZAC Les
services étaient donc organisés entres les catholiques et les
protestants. Cette situation dut se maintenir jusqu’en 1801 et à
partir de là, les protestants furent rattachés à ceux de LAGARDE.
Un nouveau temple est construit en 1833-1834. Le premier
service eut lieu le 13 avril 1834. Le Temple se trouvant trop petit,
une tribune fut construite en 1839, le presbytère date de 1843 et le
clocher de 1898.
Quant à l’église, elle fut transformée et agrandie
en 1860. On ajouta le chœur et deux chapelles. Les murs reçurent une
voûte d’ogives. Le minuscule clocher fut remplacé par le clocher
actuel, qui repose sur un porche ouvert. Le chœur de l’église a été
orné par CAZOTTES en 1872 de cinq tableaux muraux. En 1923, l’Abbé
LERIS compléta cette décoration par celle de la nef.